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Pathfinder - Newsletter #37

Par Thomas Meyer et Julie Gaspard
Jan 20, 2021

sommaire

  • Edito - Quel salut pour la grande distribution ?
  • Santé - Uber et Moderna collaborent pour accélérer la vaccination
  • Tech Giants - President Non Grata
  • Food - Grâce à l'Europe bientôt des insectes dans l'assiette !
  • Culture - Le Triangle d’Or, futur poumon de la capitale française ?

Edito

Chère communauté,

Deux heures peuvent-elles faire toute la différence ? C’est le pari fait par le gouvernement à partir de ce week-end, si les bénéfices attendus d’un point de vue sanitaire seront scrutés, qu’en est-il des commerces ? Selon une étude de la fédération de commerçants de produits alimentaires, le créneau stratégique de 18h à 20 heures représente jusqu’à 20% de leur chiffre d’affaires, déjà fortement impactés par un an de crise sanitaire, ce rétrécissement de la vie active à l’air libre pourrait porter un coup fatal à une partie de la filière. Si des tactiques se mettent en place, commerce l’ouverture des magasins dès 7 heures du matin pour servir les consommateurs avant de partir au travail, cette crise est aussi l’occasion d’interroger durablement le modèle de la grande distribution et du commerce physique en règle générale. Quelles sont les stratégies des acteurs traditionnels pour sortir la tête de l’eau et construire un nouveau modèle durable ? Quelles technologies favorisent le développement de nouvelles expériences d’achat ?

Le centre de vaccination ? 3ème rayon à gauche


Omnicanalité, données, parcours clients simplifiés, depuis une dizaine d’années les acteurs de la grande distribution ont commencé à intégrer la donne de l’innovation sous l’angle de la digitalisation de leur core business. Cette crise leur a servi de crash test pour valider la scalabilité et la rentabilité de ces nouveaux canaux d’acquisition et de distribution. A priori les chiffres sont plutôt bons, lors du second confinement de novembre, le e-commerce de la grande distribution a connu un bon de 175% par rapport à l’année passée. De même les drives (classiques ou piétons dans les centres urbains), sont devenus de véritables relais de croissance pour ces acteurs, ainsi Leclerc a atteint ses objectifs sur le drive 4 ans avant, avec un chiffre d’affaires de 4 milliards d’euros en 2020. Mais les bouleversements apportés par cette crise sont profonds et pour certains structurels, si la digitalisation des parcours existants est un prérequis indispensable, l’invention de nouvelles expériences est indispensable. Les couvre-feux et confinement à répétition ont eu le mérite de révéler que le rapport au temps et à la consommation a changé, nous vivons de plus en plus dans une société liquide comme l’avait théorisé l’historien Zygmunt Bauman. Ainsi les journées réglées par le fameux 9-to-5 de Dolly Parton n’ont plus lieu d’être, si le e-commerce apporte un début de réponse, des startups imaginent d’autres voies possibles.

Encore hypothétiques il y a quelques années à l’exception d’Amazon Go, de plus en plus de nouveaux acteurs se positionnent sur le segment du magasin autonome. La startup française Storelift a levé 5 millions d’euros en juin 2020 pour déployer ses magasins autonomes, son modèle Boxy se présente sous la forme d’un container de 15m2 avec des produits du quotidien. L’objectif est de servir les zones comportant moins de commerces de proximité comme les bureaux et les zones industrielles. Un concept également testé par les grandes chaînes, comme Monoprix qui a développé son modèle de magasin autonome baptisé Blackbox , avec un déploiement à proximité de magasins Monoprix pour réduire le coût de réapprovisionnement. Enfin les acteurs du retail pourraient capitaliser sur leur asset de proximité grâce à leur réseau existant pour devenir des hubs de services plus diversifiés. Santé, Silver Economy ou encore bien-être sont au coeur des réflexions stratégiques depuis plusieurs années, là encore le Covid donne l’occasion d’accélérer. Aux Etats-Unis des acteurs du retail se sont déjà positionnés pour contribuer aux campagnes de vaccination en cours. Ainsi la chaîne de drugstores CVS va valoriser ses 34,000 pharmaciens pour administrer le vaccin à la fois dans ses magasins et dans des établissements de santé. D’autres retailers locaux comme Wegman Food Markets sur la côte Est ou Publix en Floride vont proposer ce service dans leurs magasins. Bientôt un partenariat stratégique entre Doctolib et Carrefour ?

Santé - Uber et Moderna collaborent pour accélérer la vaccination

Le Covid n’en finit pas de bouleverser les chaînes de valeur et de créer des alliances inédites entre des acteurs très différents. Cette semaine c’est le laboratoire américain Moderna qui a annoncé un partenariat inédit avec Uber aux Etats-Unis pour sensibiliser les utilisateurs aux enjeux de la vaccination et faciliter leur participation aux campagnes en cours. En premier lieu cette association aura pour objectif de lutter contre les fake news circulant autour de la pertinence du vaccin en communiquant aux 23 millions d’utilisateurs américains de l’application des informations factuelles et digestes à propos de la sûreté du traitement. A terme, l'objectif du partenariat est de s’attaquer aux enjeux logistiques de la campagne de vaccination en facilitant les trajets vers les centres de vaccination et cliniques, avec une fonctionnalité de follow-up et de rappel de rendez-vous. Uber, prochain acteur de l’observance thérapeutique ?

Géants de la tech - President Non Grata

Donald Trump se fait évincer des réseaux sociaux. Oui oui vous avez bien lu. Après 4 ans d’interventions en ligne plus que douteuses; Facebook, Instagram, Twitter, Reddit, Twitch ou encore Snapchat ont bloqué cette semaine les comptes du président Américain. En cause, ses récentes interventions qualifiées d’incitation à la violence qui ont fortement encouragées les manifestants à envahir le Capitole il y a quelques jours. Les géants américains en ont aussi profité pour faire le ménage et bloquer certains comptes d’activistes Qanon appelant à des actes de violence notamment lors de l’investiture de Joe Biden le 20 janvier. Sans surprise, cette décision a fait appel à controverses: certains affirment que cela équivaut à de la censure, tandis que d'autres affirment que Donald Trump a constamment violé les politiques de ces plateformes depuis 4 ans et mérite donc d’en être évincé. Ces actions coup de poing de la part de géants comme Facebook alimentent les réflexions sur la liberté d’expression et la liberté tout court qui les accompagnent depuis leur création à la fin des années 2010. Je finirais sur une citation récente de POTUS “Mon compte Twitter est devenu tellement puissant que je peux forcer mes ennemis à dire la vérité”. C’est raté.

Food - L’Union Européenne donne un coup d'accélérateur aux insectes comestibles

Entre la poire et le fromage, bientôt des scarabés comme amuse-gueule ? L’Union Européenne via l’Autorité de sécurité des aliments ouvre le marché des insectes utilisés pour l’alimentation humaine en autorisant l’utilisation du Scarabée Molitor ou ver de farine dans l’agroalimentaire. Jusqu’à présent cet insecte pouvait uniquement servir à fabriquer des engrais ou des produits pour nourrir les animaux de compagnie et d’élevage. Cette décision qui doit encore être mise en application par la Commission européenne, permet à des startups comme le français Ynsect de se développer sur des nouveaux canaux de distribution et viser le grand public. Au delà des startups, c’est une véritable filière qui va pouvoir enfin se structurer et passer à l’échelle, en embarquant également les leaders historiques de la grande distribution. Grâce à leur forte teneur en protéines, ces produits pourraient aussi favoriser une transition vers des régimes moins carnés et à empreinte carbone plus faible. Ynsect qui a récemment levé 372 millions de dollars pourrait devenir le leader mondial de cette nouvelle filière en capitalisant sur son succès dans des marchés de niche à l’international comme la nutrition sportive.

Culture - Le Triangle d’Or, futur poumon de la capitale française ?

“Et de l'Étoile à la Concorde, un orchestre à mille cordes, Tous les oiseaux du point du jour chantent l'amour” chantées en 1970 par Joe Dassin, ces paroles mythiques de “Champs Elysées” sont pourtant loin de refléter la réalité : ça fait déjà bien longtemps que les oiseaux ont déserté les Champs. C’était déjà le cas en 1970, ça l’est d’autant plus en 2021. Et dans 10 ans alors ? Et bien dans 10 ans, tout sera différent et vous pourrez flâner au milieu des arbres et vous ressourcer sur la plus belle avenue du monde en écoutant les oiseaux chanter justement. Socle de l’image de la France à l’international, la plus belle avenue du monde se refait une beauté suite à un appel d’offre remporté cette semaine par le cabinet d’architectes PCA-Stream, dont la proposition baptisée “Les Champs des possibles” a été retenue par la maire de Paris. Un projet d’envergure qui porte sur les 2 kilomètres de l’avenue, de la place de la Concorde à la place Charles de Gaulle, pour un budget de 250 millions d’euros. Au programme du projet imaginé par le cabinet d’architectes: la réduction des zones réservées aux véhicules à moteur thermique, la création de pistes cyclables, le développement d’espaces piétonniers mais aussi d’espaces verts afin d’améliorer la qualité de l’air. Last but not least; à l’ère de l’image, le projet inclut un environnement urbain pensé pour mettre en valeur nos monuments et permettre aux touristes de prendre de jolies photos en toute sécurité avec des promontoires arborés a proximité de l’Arc de Triomphe notamment. Fin des travaux de la place de la Concorde juste à temps pour les JO de 2024, pour le reste de la zone il faudra patienter jusqu’en 2030. On le dit suffisamment : Paris est magique.

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